Auteur Sujet: LA PRESSE ET LA LANGUE  (Lu 832 fois)

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Hors ligne Richard.T.M

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LA PRESSE ET LA LANGUE
« le: 15 octobre 2020 à 13:07:30 »


On est loin du caricaturiste Waltz dit Hansi qui voulait faire interdire les dialectes dans les théâtres alsaciens après 1918 !

Hors ligne alej

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Re : LA PRESSE ET LA LANGUE
« Réponse #1 le: 15 octobre 2020 à 18:16:27 »
Sauf que quand je lis « Je fais partie de cette génération qui ne parle plus l'alsacien et je ressens cela comme un droit qu'on m'a enlevé », je suis tenté de répondre « Fais-en le procès à tes parents, pas à Hansi ou à je ne sais trop qui ». Si le dialecte est moribond, les premiers coupables en sont, ÀMHA, ... les alsaciens. C'est mon avis à moi que j'ai et je le partage avec moi-même...

Hors ligne Antoinala

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Re : LA PRESSE ET LA LANGUE
« Réponse #2 le: 15 octobre 2020 à 18:42:43 »
J'étais en classe germanophone et si je ne parle pas l'Alsacien, c'est en parti de ma faute
Un moment, quand je dialoguai "comme le bec m'a poussé" les Alsaciens me demandaient d'arrêter de répondre en Allemand et les Allemands l'inverse
Au bout d'un moment, kanké schissa, je répondais en Français systématiquement
Mes notes scolaires dans ce cours s'en sont ressenties mais tant pis
Tonala car je suis rond lol
Mes propos n'engagent que moi fondés sur mes diverses lectures, ma réflexion ma vision de mon Mulhouse

Hors ligne dollill_

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Re : LA PRESSE ET LA LANGUE
« Réponse #3 le: 15 octobre 2020 à 19:23:32 »
En Allemagne lors de mon service militaire en sachant que je suis un " Hallsassien " de pure souche il y-en plus qu'un qui sollicitait mon aide lorsqu'il fallait donner un p'tit " coup de main " pour traduire des documents ou parfois même pour les accompagner en ville afin de pouvoir les aider à faire leurs achats puisqu'ils ne captaient pas un seul mot d'Allemand . Ainsi lorsque les vendeuses leurs disaient " bitte schoen " ( je vous en prie ) c'est là qu'en essayant de traduire ces deux mots qu'ils pensaient alors à toute autre chose ...... Heureusement que j'étais là pour corriger ce malentendu   ::) .

Hors ligne Richard.T.M

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Re : LA PRESSE ET LA LANGUE
« Réponse #4 le: 15 octobre 2020 à 20:20:14 »
Alej a raison, hélas

Moi mes parents ne me parlaient jamais français et à l'école c'était l'inverse, tout bénéfice pour moi, presque parfaitement bilingue

et cela bien que mon père ait obtenu son certificat d'études avec mention, lui aussi était donc bilingue, ce qui n'est pas un inconvénient, localement

 

Et cela ne change rien à ce que je pense de Waltz et de son comportement

sauf pour son talent réel de caricaturiste

Hors ligne Bliz

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Re : LA PRESSE ET LA LANGUE
« Réponse #5 le: 16 octobre 2020 à 09:56:40 »
C'est une tradition bien ancrée dans beaucoup d'esprits: Les alsaciens parlent allemand. Certains iront jusqu'à dire que ce sont des boches. Non, je n'exagèrent pas, je l'ai vécu plus d'une fois.

J'ai aussi rencontré le cas d'alsaciens en visite en Allemagne, s'imaginant parler allemand et qui n'ont pas réussi à se faire comprendre. Moi, je peux en rigoler, mais c'est malheureux quand-même. Oui, ces choses-là sont solidement fixées dans bien des esprits.

En Autriche, c'est un peu autrement. Officiellement, les Autrichiens parlent allemand. Mais pourquoi un dictionnaire allemand-autrichien et autrichien-allemand est-il si volumineux ? Entre-temps, je l'ai appris. Je me souviens d'un petit voyage en Autriche. L'amie qui m'a accompagnée m'a cassé les pieds car elle voulait absolument que je lui fasse une pizza pour le week-end. Les magasins s'apprêtaient tout juste à fermer, il fallait donc se dépêcher. Mais il me manquait de la levure. J'en ai demandé dans un magasin d'alimentation, mais je n'ai pas réussi à me faire comprendre. Par chance, j'ai fini pas la trouver quand-même en cherchant soigneusement. Il aurait fallu que je commande « zwei deka Germ ». Elle a donc eu sa pizza et moi, j'ai eu la paix et un morceau de cette même pizza avec un bon petit vin rouge.

Àla bonheur !

Hors ligne Richard.T.M

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Re : LA PRESSE ET LA LANGUE
« Réponse #6 le: 16 octobre 2020 à 10:16:58 »
vin rouge, en Autriche ?

Il est vrai que je comprends mieux les Bavarois et les Autrichiens, quand ils disent, par exemple, Jänner pour janvier !

J'étais allé dans un petit restaurant à Berlin ( j'avais 18 ans ... ), le patron m'a indiqué le menu dans son dialecte, j'ai failli me faire jeter quand la troisième fois, je lui ai dit que je n'avais pas compris !

Scheibenhardt, ça dit quelque chose, à quelqu'un ?
J'y reviendrai, juste pour montrer à quel point la bêtise des diplomates peut être nuisible au petit peuple d'Alsace, lui qui n'a jamais rien demandé !!!

Hors ligne Bliz

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Re : Re : LA PRESSE ET LA LANGUE
« Réponse #7 le: 16 octobre 2020 à 11:59:55 »
vin rouge, en Autriche ?

Il est vrai que je comprends mieux les Bavarois et les Autrichiens, quand ils disent, par exemple, Jänner pour janvier !
Jänner se dit en Autriche, mais pas en Bavière.
Citation de: TRAMINOT
Scheibenhardt, ça dit quelque chose, à quelqu'un ?
Oh voui ! Je connais. Oui, en effet…

Hors ligne trolley62

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Re : Re : Re : LA PRESSE ET LA LANGUE
« Réponse #8 le: 16 octobre 2020 à 12:34:51 »
De mon côté comme ma grand-mère paternelle née en 1892 habitait chez nous ne parlait pratiquement pas français,
l'Alsacien était le moyen de communiquer avec elle et les personne de son âge et son mari mort en 1937 et née dans
le canton d'Argovie, donc elle avait de parler Alsacien.

Hors ligne Richard.T.M

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Re : LA PRESSE ET LA LANGUE
« Réponse #9 le: 16 octobre 2020 à 12:50:32 »
Argovie ? Mais c'est en Suisse, ça !

Bienheureux pays dont les billets de banque sont imprimés en 4 langues sans que ça ne coupe l'appétit au Hansi local et éventuel ... : BRAVO

Bienne et Fribourg sont deux villes bilingues où les plaques indiquant les rues sont bilingues, Bruxelles aussi, pays à 3 langues officielles

Et en 1968 il y avait des pancartes ( là, je souscrivais ): L IMAGINATION AU POUVOIR !

mais ils ont bien changé, ceux-là ... entretemps, après le caviar pour les uns et la choucroute pour les ôtreux ! è yo !

Hors ligne Bliz

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Re : Re : LA PRESSE ET LA LANGUE
« Réponse #10 le: 16 octobre 2020 à 13:41:14 »
Bienne et Fribourg sont deux villes bilingues où les plaques indiquant les rues sont bilingues, Bruxelles aussi, pays à 3 langues officielles
Oh yéh ! Bruxelles ! C'est compliqué. La Belgique a trois langues, c'est vrai. Bruxelles est une ville francophone en plein pays flamand. J'avoue que je mets régulièrement les pieds dans le plat, dans ce pays, aux trois langues et où on ne sait jamais où on en est. Je me demande si les gens du coin, savent à quoi s'en tenir. Je commence pas en douter. Certes, je parle couramment deux de ces langues et très peu la troisième. Mais ça ne suffit pas. Et de loin ! Jusqu'à présent, personne n'a réussi à m'expliquer ces choses-là, d'une façon que je puisse comprendre.

L'Irlande a aussi deux langues, mais qui ne sont pas au même niveau d'égalité. La première est le gaélique irlandais moderne et la seconde est l'anglais standard britannique et non pas irlandais. Tout cela ne rend pas les choses bien simples. Dans un Gaeltacht (une région où le gaélique est majoritairement la langue quotidienne), les inscriptions peuvent être en gaélique seulement. C'est permis. La constitution de l'Irlande existe en gaélique et en anglais, mais la version anglaise n'est que la traduction de la version gaélique.

Pour en revenir à Scheibenhardt… Oui, c'est débile. En plein dans le patelin, les panneaux changent de couleurs et le suffixe du nom du patelin change aussi. On n'est plus dans le même pays, tout en restant dans le même patelin. Mais il y pire encore. Bâle, St-Louis et Weil-am-Rhein sont des communes différentes. Théoriquement ! En pratique, c'est la même agglomération dans trois pays différents.

Certes, s'il y a A d'un côté et B de l'autre, il doit bien y avoir une frontière entre les deux quelque part. Vous l'avez certainement déjà observé sur une route: D'un côté c'est sec, de l'autre côté c'est mouillé car il pleut. C'est quelque peu logique.

Dans une petite commune près de Mannhein - c'était probablement Vierheim - il m'est arrivé de me rendre dans un centre commercial. Certains magasins étaient ouverts, d'autres étaient fermés. J'ai aussi observé qu'une ligne était tracée sur le sol et que les magasins ouverts se trouvaient tous du même côté de cette ligne. Après avoir interrogé les gens présents, j'ai compris que cette ligne était celle qui sépare les deux « Länder » (les deux états fédéraux en Allemagne). Or, les jours fériés n'y sont pas les mêmes. Pire encore: À l'intérieur d'un « Land », les jours fériés peuvent différer. En Allemagne, il existe un jour férié qui ne l'est que dans une seule ville: « Hohes Fridenfest » à Augsbourg. Cela signifie à peu près « grande fête de la paix ». J'ignore à quoi cela se réfère exactement, je me souviens seulement que cela se rapporte à la Guerre de Trente Ans. Mais Wikipedia en sait certainement davantage.

Bon, je vais m'arrêter ici, la tête me tourne. Non, je n'ai pas bu de trop.  :rev:

Hors ligne Richard.T.M

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Re : LA PRESSE ET LA LANGUE
« Réponse #11 le: 16 octobre 2020 à 17:16:26 »
Faites-vous un café ... ça ira mieux !

Mon allusion à Scheibenhardt a pour but ( humble ) de démontrer à quel point le patriotisme et le chauvinisme ne sont pas ma tasse de ... thé

Il y avait un village au nord de l'Alsace. Un beau jour de 1815 un traité ( de Vienne ) coupe la commune le long de la Lauter en deux suite à la déconfiture de Napoléon

Il n'y a d'ailleurs toujours qu'une église avec un seul curé ! Vous me direz, pour ne nombre d'habitants, ça le fera

Mais des gens d'un seul et même village appartiennent désormais à deux régimes différents, jusqu'à aujourd'hui car lors du confinement, en mars, la frontière était fermée. On se doute qu'il y a des gens de la même famille de part et d'autre qui sont devenus des ennemis en septembre 1939 à cause de l'incompétence des uns et de la folie d'un dictateur.

Rien que le choix d'un petit cours d'eau pour marquer une frontière est une solution de facilité. En général, c'est la crête d'une montagne qu'on choisit car là c'est une frontière naturelle : de tout l'hiver, les habitants des deux versants ne se voyaient pas, quand il y avait encore de la neige !
C'est d'ailleurs ce que la France a imposé à l'Italie en 1945 au col de Tende : comme les Italiens avaient misé sur le mauvais cheval en 39, ils ont dû rectifier et dans le bon sens et quelques ( beaux ) villages ont été annexés à la France. L'intérêt : aucun pour les petits vieux qui jusque là touchaient une modique retraite qui a cessé de leur être versée pendant plusieurs mois ! Il est vrai qu'un plébiscite avait été organisé mais en 1945 l'information sur les aspects pratiques de l'opération avaient été escamotés quelque peu. La dernière tuile pour la région s'est produite il y a quelques jours

Revenons à Mulhouse ... sinon je vais me faire repérer

Hors ligne alej

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Re : LA PRESSE ET LA LANGUE
« Réponse #12 le: 16 octobre 2020 à 18:52:13 »
Outre qu'il faut quand même le replacer dans le contexte de son époque, le Hansi, même si je ne l'ai pas connu, avait sûrement un peu plus de courage physique que la bande de pitres qui s'agitait devant le rectorat. « Un droit qu'on m'a enlevé », c'est à ça qu'on les reconnaît aurait dit Audiard...

Hors ligne Richard.T.M

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Re : LA PRESSE ET LA LANGUE
« Réponse #13 le: 16 octobre 2020 à 19:00:54 »
Je ne le chargerais pas : il est dcd, ne me doit rien, par conséquent

Par ailleurs il n'est pas là pour se défendre

A part son bon coup de crayon, ses prises de position ne sont pas les miennes, qui suis totalement apolitique et encore moins nationaliste ...  Je suis né en Alsace, je n'avais pas demandé spécialement, même si j'en suis bien content

Chacun est libre de ses choix, pourvu qu'il fasse intervenir le discernement

L'actualité nous montre que c'est plutôt un luxe, mais comme dis l'autre, laissez-les vivre ! ( En alsacien : vivre = les femmes, au pluriel, die Weiber )

Hors ligne Frantz

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Re : LA PRESSE ET LA LANGUE
« Réponse #14 le: 21 octobre 2020 à 20:36:19 »
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En alsacien : vivre = les femmes, au pluriel, die Weiber
Ca me rappelle une blague alsacienne que j'avais raconté à des gens de l'intérieur, mais qui n'ont, évidement, rien compris  :icon_frown:. Je pense que tout le monde la connait...

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