Auteur Sujet: Revenons un peu en arrière...  (Lu 10906 fois)

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Hors ligne Kanard le parapentiste

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Revenons un peu en arrière...
« le: 18 décembre 2009 à 13:00:56 »
C'est bien dommage !  Voilà ce que je me dis à chaque fois que j'y pense.  Oui, souvenez-vous pour les plus anciens, auparavant il y avait de la vie, une âme dans les différents quartiers de Mulhouse et ce jusqu'au début des années 80 (c'est valable pour beaucoup de villes). Je m'explique.
A cette époque donc (avant 1980 environ) il y avait des commerces dans pratiquement tous les quartiers: boulangerie, boucherie, crèmerie, épicerie, bureau de tabac etc, etc et donc forcément de l'animation, de la vie, c'était chouette !  Tous le monde se parlaient, se racontaient les derniers potins de la vie, bref on se parlait, de tout et de rien mais on se parlait !  Mieux encore, tous le monde se disait bonjour, ouais, de nos jours...  Il y avait de la vie dans les quartiers (pour moi c'était Dornach). C'est vraiment au début des années 80 que les choses se sont gâtées car beaucoup de grandes surfaces furent construites à la périphérie de Mulhouse, ce fut l'arrêt de mort pour les commerçants des quartiers, qui se sont vider de leur substance !  (les quartiers !)
Personnellement je regrette cette époque pleine de vie.  
Quand j'étais enfant j'allais faire mes courses, pardon mes commissions avec un panier dans mon quartier (Dornach) car on y trouvait tout !  Et c'était à pied que j'y allais, c'était justement ça qui était agréable, tous les commerces étaient proches et très bien achalandés !  L'ambiance générale y était sympathique et joviale.  Je me souviens que faire les commissions, ...commissions j'aime bien ce mot il fait vieillot, n'était pas une corvée pour moi mais un plaisir !  Ce n'est plus le cas de nos jours...  
Quand j'allais chez le boucher-charcutier j'avais toujours droit à une rondelle de saucisson avant de sortir du magasin !  Cela se fait-il encore ?
Chez l'épicier avec son tablier bleu, aux joues et au nez bien colorés il fallait baisser la tête quant on passait la porte car celle-ci était tellement basse qu'on s'y tapait le crâne si on oubliait. Il y avait profusion de fruits et de légumes de la région bien sur, bien rangés dans des caissettes en bois (pas de plastique).  Je ramenais toujours les bouteilles vides en verre  (vin, bière, limonade) qui étaient consignées: encore un truc que les plus jeunes ne connaissent plus. L'épicier était très volubile, toujours le mot pour rire mais très gentil, à chaque fois j'avais droit à un petit surnom rigolo de ça part !  
Il y avait aussi une crèmerie non loin de l'épicerie, on y achetait du lait, du vrai pas dans des briques en carton.  Il fallait apporter sa bouteille en verre ou un pot en alu afin que la crémière y verse le lait frais du jour.  Du lait qui faisait une épaisse peau sur le dessus quant on le versait dans son bol le matin au petit déjeuner, hmmmm !  
La droguerie, ah la droguerie et ses odeurs particulières. En fait, une droguerie-parfumerie qui se trouvait à côté de la pharmacie au rez-de-chaussée d'une vieille petite maison au fond d'une cour pavée.  Elle n'existe plus car rasée pour permettre le prolongement de la rue de Belfort et la construction d'un pont le tout donnant accès à la rue de Thann à présent. Il faisait sombre et le plafond était bas mais j'adorais y être.  Des tiroirs partout, des bocaux avec plein de noms bizarres, des bocaux transparents avec un petit robinet sur le bas pour extraire les produits étranges contenus à l'intérieur.
Dans cette droguerie-parfumerie on y achetait entre-autre de la lessive au détail, de grand sacs en toile de jute en étaient rempli. Du bicarbonate de soude, du savon noir, oh oh le savon noir !  Moi je l'utilisais mélangé à de l'eau pour faire de magnifiques bulles de savon à l'aide d'une paille qui était en fait une nouille creuse !   On y achetait aussi du shampoing, vous vous souvenez des petits berlingots individuels en plastique transparent de la marque DOP; le shampoing était rouge, jaune ou vert !  C'est aussi dans cette boutique que j'achetais pour quelques centimes (de francs !)  des morceaux de réglisse.  Le droguiste cassait à l'aide d'un petit marteau un gros bloc de plusieurs kilos pour en faire de petits morceaux qu'il glissait dans un petit sac de papier.  Mais il vendait aussi des petits sachets de réglisse tout prêt, des sachets rouge ou bleu de la marque ZAN, vous vous en souvenez aussi ? Il y avait aussi l'eau de Cologne, OUARF l'eau de Cologne !  Qui n'a pas eu droit à l'eau de Cologne le dimanche avant d'aller à la messe pour sentir bon, ah ça pour sentir, ça sentait !  Il me semble qu'à l'époque c'était le parfum à la mode mais surtout accessible à toute les bourses, c'était LE parfum de beaucoup de familles modestes en ce temps.
Non loin de là la papeterie qui sentait bon le crayon de papier, la gouache, la colle blanche en pot ! On trouvait tout le matériel nécessaire pour l'école.
Un magasin de cycles se trouvait au centre du quartier.  En plus des bicyclettes il y avait aussi des mobylettes de la fameuse marque Motoconfort ou Motobécane et le célèbre et unique Solex ! Chaque fois que j'y allais pour acheter une chambre à air ou des patins de freins pour ma bicyclette j'étais émerveillé par les mobylettes; je me voyais au guidon de l'une d'elle fonçant à 100 km à l'heure (minimum !) devant les copains médusés... Ah l'imagination des enfants !
La boulangerie-pâtisserie. Ca y est j'ai les yeux qui brillent !  De temps en temps, le dimanche au retour de la messe (ben ouais...)  j'étais chargé de rapporter le dessert, lourde tâche, une sacré responsabilité !  Cruel dilemme, que choisir parmi  les éclairs au chocolats, à la vanille, les religieuses, les baba au rhum... les desserts comme ça c'était un luxe !  Mais pas d'inquiétudes, je trouvais toujours une solution quant au choix, le plus dure était l'attente jusqu'à la fin du repas pour se délecter d'une de ses pâtisseries...
De temps en temps j'allais aussi à la quincaillerie du coin, c'était chouette il y avait des centaines d'articles de toutes sortes accrochés au plafond, aux murs, partout, il y en avait partout !  Ce qui était formidable c'est que dans ce fouillis indescriptible la dame qui s'occupait du magasin s'y retrouvait sans problème !  Et puis il y avait LA vitrine de la quincaillerie, celle ou était exposée toute l'année des jouets comme un train électrique, des petites voitures, une grue etc que des choses qu'un petit garçon rêve d'avoir en sa possession bien sur !  Si j'étais sur le trottoir d'en face de la fameuse vitrine, obligation était faite pour moi de changer de trottoir, cela va de soit !
Quand je rentrais chez moi je passais devant le garagiste du quartier. Là aussi j'aimais bien m'attarder, jeter un oeil. Il y avait toujours quelque chose à voir; un moteur en pièces détachés, une vieille Dauphine agonisante, un bon vieux tube Citröen  tout cabossé... Ca sentait toujours l'huile chaude et il y avait souvent de la fumée dans l'atelier.
Sur la place d'à côté se trouvait un très vieux camion, un Berliet avec une benne à l'abandon depuis des lustres, mais pas pour tous le monde !  Tous les gamins du quartier, moi le 1er y avons passer notre permis Poids Lourds puisque nous pouvions y jouer à l'intérieur sans problèmes. J'ai fais le tour du monde avec ce camion, avec beaucoup d'imaginations... Ouais, c'était le bon temps...
En conclusion, tout ce blabla pour dire que, quoi qu'on en dise la vie c'est drôlement déshumanisée, on se croise mais on ne se voit plus, on ne se parle plus, chacun chez soit.  J'exagère ?  Non, je ne pense pas !  Connaissez-vous votre voisin de palier, votre collègue de travail ailleurs qu'au boulot ?  Evidemment tout était pas rose avant mais il y avait bien plus d'humanité avant, on se parlait...
Et vous avez-vous des souvenirs de votre quartier quand vous étiez jeune, de bons souvenirs à partager, qui nous font sourire à présent, si c'est le cas, racontez moi je suis tout ouïe !   :big062:


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Re : Revenons un peu en arrière...
« Réponse #1 le: 18 décembre 2009 à 13:34:05 »
Ho là là qu'est ce qu'il t'arrive le Kanard ?

Nostalgie ? l'âge ?

Peu importe de toute façon tu as parfaitement raison.
Nous vivons dans un monde de dingue, ultra rapide, il faut terminer les choses avant de les commencer !

Moi aussi j'ai de bons souvenirs de mon époque "dans le Nord"
Aller chercher les croissants ou la baguette le dimanche matin en pyjama oui oui en pyjama.
Apprendre à faire du vélo sans avoir peur de ce faire écraser vu qu'il y avait moins de voitures.

J'ai remarqué ici à Mulhouse (c'est une grande ville) en 2006 lorsqu'il y avait eu beaucoup de neige (85cm) les gens retrouvés le sourire et discutés plus facilement, c'est un truc qui m'avait vraiment frappé.

Citer
Quand j'allais chez le boucher-charcutier j'avais toujours droit à une rondelle de saucisson avant de sortir du magasin !  Cela se fait-il encore ?

Il n'y a plus ou presque plus de boucher.  :icon_frown:

Voilà je ne suis pas du style à faire des grands discours, mais il y a tellement de choses à dire là dessus que rien n'y changera.

Merci pour ton message Kanard  :yelclap:



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Re : Revenons un peu en arrière...
« Réponse #2 le: 18 décembre 2009 à 13:53:56 »
ah oui, ce message la, je me l'imprime et prendrais le temps de le lire avant de m'endormir, car ce sont aussi mes souvenirs, la même nostalgie. Je me rappelle bien des épiceries et du laitier, on pouvait y chercher des berlingots triangulaires d'un litre ou du lait en bouteille de verre consignée
Mulhouse n'était pas une belle ville, mais qu'est ce qu'on était tranquile. La grande différence c'est qu'il y avait du travail pour tout le monde. On vivait simplement mais nous ne manquions de rien.

Je pense parfois à mes anciens copains, certains ont déja quitté ce monde, d'autres ont fait leur vie ailleurs, et puis il y avait ma voisine de 13 ans, mon premier flirt (gentil), celui qu'on n'oublie jamais!

Nous avions un voisin qui était pasteur, il possédait une voiture assez rare, je ne me souviens pas de la marque, c'était une copie à la française de la "Lasalle" américaine, toute noire, briquée, et il passait chaque soir des heures à soigner son jardin, il y avait une profusion de fleurs, 30 ans après sa mort, ses roses y fleurissent encore entre les mauvaises herbes, alors que le jardin et la maison sont abandonnés depuis de nombreuses années !
 

Hors ligne Kanard le parapentiste

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Re : Revenons un peu en arrière...
« Réponse #3 le: 18 décembre 2009 à 14:20:30 »
Non,non je ne déprime pas, loin de là mais je constate que je ne suis pas le seul à regretter cette époque que les moins de vingt ans...
Les choses étaient plus simples, plus terre à terre et comme tu le dis si justement il y avait du boulot pour tous le monde même si la paye n'était pas à la hauteur les gens étaient fier de travailler et humble malgré les difficultés; c'était l'époque des 30 glorieuses comme on les appellent. A cette époque quand tu allais acheter un timbre il y avait un ou une préposée derrière le guichet à présent débrouille toi avec une borne automatique qui refuse obstinément de te fournir les timbres tant convoité, saloperie de machine !   Idem pour acheter un billet de train, une borne !  Un papier à la sécu ? Une borne !  Moi j'en marre de cette situation, je vais dépasser les bornes si ça continue ! (je rigole !).  Franchement quand j'ai un soucis avec la sécu, avec ma banque, la poste ou autres, j'en ai ras-le-bol de faire le 0800..... sur mon clavier et tappez 1 si... tappez 2 si...  et quand enfin au final tu arrives à avoir une personne en chair et en os (ça existe encore ?) au bout du fil on te réponds: "c'est pas de ma faute, c'est l'ordinateur qui..." mais où va-t-on ! Il faut replacer la personne au centre des choses, je pense que ça faciliterai beaucoup de choses !  Evidemment je ne suis pas contre le progrès mais restons humains, privilégions les contacts directs; moi j'aimais bien mon quartier quand il y avait des commerçants...   ;)
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Re : Revenons un peu en arrière...
« Réponse #4 le: 18 décembre 2009 à 18:37:06 »
Je ne peux qu'approuver, j'ai 60 ans dans quelques jours et en lisant le texte admirable plus-haut, je me vois rajeunir brusquement car j'ai connu tout ça. J'ai grandi place de la Réunion : là, c'était le spectacle permanent pour moi et mon père, quand il rentrait de l'usine à gaz et qu'il se mettait un petit coussin sous les avant-bras pour contempler notre cinéma gratuit ! Je vous fais grâce des commentaires pas toujours élégants mais ce n'était jamais triste. Par contre, sur l'arrière, rue Guillaume-Tell, TOUT le monde connaissait TOUT le monde ! A la place d'un immeuble d'une vingtaine d'années se trouvaient quelques vieiles enseignes : brasserie, imprimerie, horloger, mercerie, encadreur, teinturier et même un marchand de glaces ambulant avec son tricycle. Nous connaissions aussi les employés de ces commerces, suivant qu'on voyait leur vélo cadenassé sur le trottoir, on savait qui était de service ! Et après 17 h, le facteur faisait sa deuxième tournée et discutait avec les retraités assis carrément sur la devanture de la mercière. J'ai retrouvé cette ambiance en 1984, dans la Cité, où tout le monde se fréquentait encore, le soir, en été, la bière ( entre autres ) coulait généreusement et l'emploi du dialecte n'étonnait pas encore. Les plus vieux que moi sont morts et sont arrivées de nouvelles familles attirées par le cadre agréable de ce quartier, dont plusieurs familles maghrébines avec de nombreux enfants. Nous nous efforcions de sympathiser, les enfants se fréquentant de toutes façons à l'école. Comme chante Charles, "je reviens de temps en temps à mon ancienne adresse" où nous étions heureux, mais il a changé, il n'y a rien de plus à dire, il suffit d'ouvrir les yeux et encore, il n'y a que les aveugles qui ne veulent pas voir. Par contre, je m'amuse parfois, c'est mon côté nolstalgique, à me remémorer, dans le centre ville, les magasins disparus ou remplacés - en général par des vendeurs de téléphones "mobiles" - quand ce ne sont pas des grilles abritant de la poussière noirâtre et du courrier que personne ne viendra relever. J'essaye de me souvenir - et cela revient vite - des commerçants chez qui nous achetions ceci ou cela, je ne vais pas reprendre le texte de Kanard, il est tellement juste, bien rédigé, exactement ce que j'ai connu. Maintenant j'habite une commune dortoir à une dizaine de kilomètres depuis 8 ans. Ma voisine immédiate, je lui ai parlé une fois, par sa fenêtre, en travaillant dans le jardin. Pour me demander de couper les branches qui lui prennent le jour, elle m'envoie son jardinier alors que j'ai une sonnette sur la porte ... C'est vrai, il y a 3 ou 4 ans, entre voisins, nous nous sommes parlés histoire de marquer une pause en déneigeant nos trottoirs respectifs.  Depuis, presque plus rien, un salut de la main.  La vie est-elle vraiment plus agréable aujourd'hui ?

Hors ligne Kanard le parapentiste

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Re : Revenons un peu en arrière...
« Réponse #5 le: 19 décembre 2009 à 05:58:59 »
Ah chouette, voila d'autres souvenirs de membres du forum !  Encore, encore !   :big062:
Je me souviens aussi dans les années 70 toujours dans mon quartier à Dornach de temps à autre en été il y avait un chanteur des rues qui, avec sa guitare chantait des chansons tziganes et d'autres encore !  De leurs fenêtres les gens jetaient une pièce de monnaie pour le remercier, il levait son chapeau et se baissait pour ramasser son gagne pain. Il y avait aussi un vendeur de pommes de terre ou de bois, ou les deux je me souviens plus, qui avec son petit camion à benne hélait en alsacien les habitants pour vendre sa marchandise. On l'entendait de loin !  Parfois aussi, il y avait aussi un rémouleur (aiguiseur de couteaux ) avec une vieille mobylette sur laquelle il avait bricoler un système pour faire tourner une petite meule de pierre qui passait. Lui aussi on l'entendait de loin !  Il y avait de la vie dans mon quartier...  ::)
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Hors ligne Kanard le parapentiste

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Re : Revenons un peu en arrière...
« Réponse #6 le: 19 décembre 2009 à 10:24:14 »
Je ne peux qu'approuver, j'ai 60 ans dans quelques jours et en lisant le texte admirable plus-haut, je me vois rajeunir brusquement car j'ai connu tout ça. J'ai grandi place de la Réunion : là, c'était le spectacle permanent pour moi et mon père, quand il rentrait de l'usine à gaz et qu'il se mettait un petit coussin sous les avant-bras pour contempler notre cinéma gratuit ! Je vous fais grâce des commentaires pas toujours élégants mais ce n'était jamais triste.

J'aime beaucoup ce genre de souvenirs, des détails qui, quand on est jeune n'ont pas d'importances, qu'on oublie et puis un jour quand le temps fait son oeuvre, avec du recule on se souvient de ces instants simples mais si agréables à se remémorer...  Je suis sûr que beaucoup d'entre nous on des souvenirs de la sorte tout au fond de la mémoire, alors n'hésitez pas, racontez !  Même si pour certain c'est ringard, on s'en fout, c'est pas grave !    :banana:
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Hors ligne gilou68

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Re : Revenons un peu en arrière...
« Réponse #7 le: 19 décembre 2009 à 11:12:28 »
C'est vrai que des petites boucheries du quartier ça se fait rare,nous qui achetons notre charcuterie en grande surface,les enfants ont encore et toujours droit à leur morceau de saucisse......
On n'est jamais mieux servi que par soi même !

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Re : Revenons un peu en arrière...
« Réponse #8 le: 20 décembre 2009 à 00:45:47 »
Moi, le morceau de saucisse ( Dickwurst ) c'était chez Maurer, angle rue du Sauvage et rue de la Sinne, juste en-dessous du Fantasio ( dancing )
Mon père faisait les courses le soir après 17h, je l'accompagnais, enfin, jusqu'à dix ans, environ. Et aussi le dimanche après-midi, avec sa Vespa, on allait dans son ancien village ou parfois plus loin, il profitait de l'absence de ma mère pour faire une pause - conviviale - avec un quart de blanc et moi un diabolo menthe. En été, toujours avec sa vespa, en deux voyages, nous allions nous baigner près d'une cascade à Didenheim, sous les arbres. Nous vivions modestement mais cela ne nous pesait pas outre-mesure, les gens ne paraissaient pas malheureux. Peut-être avons-nous tendance à idéaliser le passé, mais je n'en suis pas sûr, car des mots comme chômage, divorce, surendettement, on les entendait moins. J'entendais plutôt parler d'attentats en Algérie, de Untel qui avait dû y aller. Nous n'avions pas encore la télévision mais alors il fallait faire silence pendant les informations et les commentaires de Geneviève Tabouis ( attendez-vous à savoir ... ). Par contre, chaque réalisation de la mairie ( Emile Muller ne manquait jamais de nous saluer avec un large sourire,nous gamins, quand il rentrait chez lui en passant rue Guillaume-Tell ) entraînait une visite de notre part. Je revois cela chaque fois qu'Henri publie un extrait du journal de l'époque. Une petite anecdote : l'Auberge du Vieux-Mulhouse, place de la Réunion, était encore une ruine avec de grands étais inclinés en bois. Il y avait un commissariat de police au rez-de-chaussée de l'Hôtel-de-ville dont l'entrée murée aujourd'hui reste reconnaissable. Comme il était interdit de laver les véhicules privés sur la chaussée publique, mon père lavait son scooter à l'emplacement des ruines où on distinguait encore le carrelage de l'ancien bistrot. L'avantage des ruines, c'est que nous autres garçons y accédions sans entrave ni sonnette. Or, en accédant à ce qui restait du premier étage, vers l'actuelle place des Cordiers, on attrapait sans difficultés les fruits magnifiques d'un cerisier. Jusqu'au jour où nous fûmes délogés par un adulte fonctionnaire à la "Mairie" attenante. Imaginez notre rage en contemplant la brute épaisse s'empiffrer à nos dépens  en crachant au loin les noyaux de ce qui nous semblait nous appartenir ! A bonne distance, nous le bombardions de notre rancoeur, en dialecte, la totalité des insultes de notre connaissance y passa. Evidemment, pas question de le rencontrer par la suite !

Hors ligne Kanard le parapentiste

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Re : Revenons un peu en arrière...
« Réponse #9 le: 20 décembre 2009 à 07:21:07 »
Ouah, des ballades en Vespa !  Ca c'est sûr, ce doit être d'excellents souvenirs d'enfance, et surtout LE diabolo menthe à la terrasse d'un café ! C'était pas grand chose mais en ce temps presque un luxe pour un gamin.
Il y avait un cerisier à cet endroit ? On a tous chaparder dans les vergers et jardins des environs de Mulhouse des fruits, parfois pas mures qui nous donnaient des coliques quelques heures après mais c'était chouette de pouvoir se balader des journées entières, personne ne s'inquiétait outre-mesure de notre absence !  On rentrait chez nous tout "cracra", avec des égratinures partout et quand était venu le moment de faire sa toilette on redoutait le savon qui piquait sur les plaies !  Mais le lendemain après une bonne nuit de sommeil c'était reparti pour un tour !
Je passe du coq à l'âne au gré de mes souvenirs...
Et les sandalettes, vous vous souvenez des sandalettes en caoutchouc transparent ?  C'était la grande mode à cette époque, pratiquement tous on en a eu !  J'en ai usé des dizaines de paires.  A la fin de la journée, quand on les quittait, l'emprunte en négatif de ces dernières était imprimée sur nos pieds, en fait c'était toute une journée de jeux qui était imprimée sous forme de crasse !  Beurk !
Nos journées de vacances on les passaient dehors dans la rue, les forêts, les prés, les champs etc, mais dehors à l'air libre pas collé à un ordinateur comme je suis entrain de le faire, et chose incroyable, on a survécu !  C'était chouette, c'était simple, on était heureux avec pas grand-chose...   :big062:
 Une cascade à Didenheim, hum il me semble la connaitre...  :eusa_think:
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jeluna

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Re : Revenons un peu en arrière...
« Réponse #10 le: 20 décembre 2009 à 14:58:16 »
Bonjour à tous
Comme je vois , les souvenirs s'égrennent . Pour ma part , mes souvenirs de Mulhouse sont un peu plus récents mais j'aurais quand même une petite question pour les plus anciens du forum .
J'ai fréquenté votre bonne ville en 1970 et 1971 - j'avais alors 20 ans ; je vous laisse deviner la raison de mon séjour - et je dois dire que je m'y suis plu et qu'il m'est toujours agréable d'y revenir de temps en temps .
Ma question : il y avait dans ces années-là une discothèque qui s'appelait " le Safari " . Impossible de me souvenir où ça se situait .
De même un dancing " au Vieux Moulin " rétro , il fallait acheter des tickets de danse !
Alors peut-être que quelqu'un a la réponse .

De toutes façons , un Joyeux Noêl à tous et toutes et Bonne Année 2010 .

Hors ligne schangi

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Re : Revenons un peu en arrière...
« Réponse #11 le: 20 décembre 2009 à 15:11:37 »
Le "Safari" se situait aux confins de Mulhouse et d'llzach, au débouché de la  rue Vauban à droite après le feu à l'amorce de la montée qui passe sur l'autoroute. A moins que je ne me trompe :icon_question:

Hors ligne Henri

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Re : Re : Revenons un peu en arrière...
« Réponse #12 le: 20 décembre 2009 à 15:56:43 »
Le "Safari" se situait aux confins de Mulhouse et d'llzach, au débouché de la  rue Vauban à droite après le feu à l'amorce de la montée qui passe sur l'autoroute. A moins que je ne me trompe :icon_question:

Il me semble aussi que ça s'appelait ensuite le "Cesar". Mais je ne suis pas tout à fait certrain vu que je ne fréquentait pas ce genre d'établissement.

jeluna

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Re : Revenons un peu en arrière...
« Réponse #13 le: 20 décembre 2009 à 16:10:49 »
Merci pour les réponses .

Hors ligne schangi

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Re : Re : Re : Revenons un peu en arrière...
« Réponse #14 le: 20 décembre 2009 à 17:22:55 »
Le "Safari" se situait aux confins de Mulhouse et d'llzach, au débouché de la  rue Vauban à droite après le feu à l'amorce de la montée qui passe sur l'autoroute. A moins que je ne me trompe :icon_question:

Il me semble aussi que ça s'appelait ensuite le "Cesar". Mais je ne suis pas tout à fait certrain vu que je ne fréquentait pas ce genre d'établissement.
 J'aurais dû préciser  :big063:

Hors ligne TRAMINOT

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Re : Revenons un peu en arrière...
« Réponse #15 le: 20 décembre 2009 à 23:07:30 »
A JELUNA le vieux moulin se trouvait à Eschentzwiller, une dizaine de km au sud, mais avec des collines et avec la neige, je n'irai pas ce soir, d'autant plus qu'il y a belle lurette qu'il n'existe plus, du moins je crois, car comme Henri, je ne fréquentais pas ces endroits, mais j'aurais peut-être bien voulu. Tu dois donc avoir 60 ans aussi à présent, car moi j'ai été incorporé en avril 70 à Colmar. Quant à notre Dornachois expatrié, je me souviens, j'avais 12 ans, j'allais un peu plus loin que la rue de la Mer Rouge, je ne situe plus trop bien l'endroit, je pense que l'autoroute a tout bouleversé là-bas. Il y avait un petit lac bien carré avec un engin qui pompait - du moins je pense - pour une usine voisine. Il y avait aussi des familles qui se baignaient et juste avant, une rivière mais bien couverte par les arbres des rivages : nous y pêchions "à la bouteille", ça devait être l'été 61 ou 62, après, ce sera la piscine de l'Illberg, toute neuve, presque tous les jours !

Hors ligne Perry

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Re : Revenons un peu en arrière...
« Réponse #16 le: 21 décembre 2009 à 00:22:56 »
au moulin à Eschentzwiller, j'y était :yes: et effectivement  il fallait acheter de tickets pour entrer sur la piste de danse :  :good: on y allait entre copains à pied , en auto-stop, dans ces années là vers 1970/71

jeluna

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Re : Revenons un peu en arrière...
« Réponse #17 le: 21 décembre 2009 à 08:25:26 »
Merci pour toutes ces précisions . Effectivement je me souviens que le moulin était à l'extérieur de la ville et ce nom d'Eschentzwiller me reviens maintenant d'autant plus que comme toi Perry il fallait faire les kilomètres à pied ou en auto-stop , aller et retour ! Que de souvenirs.
Tramwackes , on est de la classe . 60 ans ce mois-çi et incorporé à Drouot en avril 70 !
     Amitiés à tous .

Hors ligne Kanard le parapentiste

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Re : Revenons un peu en arrière...
« Réponse #18 le: 31 août 2013 à 08:50:01 »
Une fois encore je déterre un sujet antédiluvien (voir plus haut) mais bon, j'avais envie de me souvenir d'une époque (révolue ?) que les moins de 20 ans...   ::)
Peut-être que certains d'entre-vous complèterons le sujet avec des anecdotes, des souvenirs d'une jeunesse passée dans un quartier de Mulhouse, des instants de la vie citadine mulhousienne... 
Racontez, je suis certain qu'il y a de quoi faire !   :good:
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Hors ligne Kanard le parapentiste

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Re : Revenons un peu en arrière...
« Réponse #19 le: 01 septembre 2013 à 09:16:02 »
Qui se souvient de cette camionnette, pas forcément la même partout, qui passait dans les différents quartiers de Mulhouse afin de ramasser tout objets cassés ou en panne tel les vieilles gazinières, matelas, sommiers etc...
Il s'agissait du fameux, pardon pour l'orthographe  :blush:, "kengalapels", ils étaient 2 ou 3 dans la vieille camionnette et criaient fort en alsacien pour annoncer leur présence à la population !   :big091:
Moi je m'en souvient très bien car gamin, ils me faisaient un peu peur, il faut dire que leur tenue débraillée et leur hygiène corporel douteuse y était pour beaucoup surtout qu'un jour l'un d'entre eux après avoir sauter du véhicule pour récupérer un tas d'objets sur le trottoir avait d'un geste vif et rapide passer sa main en la tapotant sur ma tête pour me dire bonjour !   :big070:
Cela se passait dans mon quartier, à Dornach, au début des années 1970...  ::)
Le doute est le commencement de la sagesse. Aristote.

Oté la Réunion !