Auteur Sujet: Fribourg, cité interdite aux véhicules les plus polluants.  (Lu 24956 fois)

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Hors ligne Henri

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Fribourg, cité interdite aux véhicules les plus polluants.
« le: 09 janvier 2010 à 13:10:22 »


Dans le journal L'Alsace d'aujourd'hui.

Depuis le 1 er janvier, la ville de Fribourg est une « éco-zone » où seuls les véhicules munis d’une « éco-vignette » sont autorisés à circuler sous peine d’une amende de 40 €. Cette loi visant à limiter la pollution dans les centres-villes s’applique aussi aux voitures immatriculées à l’étranger.

 

« Nous en vendons une centaine par jour chacun, ma collègue et moi », signale Jürgen Thoma, employé à l’accueil de l’Hôtel de Ville de Fribourg en montrant les « éco-vignettes » en trois versions (vert, jaune, rouge). Ces pastilles de 8 cm de diamètre coûtant 5 € (TTC) s’appellent « Feinstaub-Plakette », littéralement vignette de particules fines.
Jürgen Thoma dispose du duplicata d’une carte grise française (différente du certificat d’immatriculation allemand) qui lui permet de repérer le type de véhicule (diesel ou essence) et la date de la première mise en circulation. Ce sont les deux critères d’attribution simplifiée de l’« éco-vignette » pour les véhicules immatriculés en France.
Pour la voiture de service de L’Alsace (une Renault Clio diesel, sans filtre à particules, construite en 2007), nous obtenons une pastille verte à durée illimitée, sur présentation de la carte grise et sans contrôle du véhicule.
« C’est absurde, cette réglementation devrait être appliquée partout ou nulle part », ronchonne une retraitée qui vient d’acheter une pastille verte.
Sur les quelque 104 000 véhicules immatriculés FR, 70 000 correspondent aux normes d’émissions les plus récentes.
Selon le Regierungspräsidium (préfecture), 5 % du parc automobile de Fribourg n’obtiendront pas de vignette et ne pourront donc plus circuler en ville. Il s’agit de véhicules de plus de 15 ans non équipés de pots catalytiques. 30 000 véhicules devront arborer une pastille rouge ou jaune valable respectivement un ou deux ans seulement (voir ci-contre).
Une aberration et un bon tuyau
L’éco-zone de Fribourg s’étend sur 28 km², soit la quasi-totalité de la surface de la ville, à l’exception des zones commerciales et industrielles situées en périphérie et du quartier « écolo » Vauban.
Elle présente une belle aberration : la B31, la route de transit qui coupe la ville en deux et constitue la principale source d’émission de particules fines, a été exclue de la zone écologique. Les véhicules les plus polluants pourront donc continuer à circuler sur cet axe très fréquenté.
Un bon tuyau : on peut emprunter cette voie jusqu’au parking Altstadt sans devoir acheter l’éco-vignette (voir la carte ci-dessous). Ou laisser la voiture à l’un des parkings relais desservis par le tramway.
Fribourg est la 40 e ville allemande (la 17 e en Bade-Wurtemberg) à instaurer une « éco-zone » conformément à des directives européennes.
La mesure est controversée car les résultats en matière d’amélioration de la qualité de l’air sont maigres par rapport à la machinerie administrative mise en place. Un avis partagé même par Dieter Salomon, le bourgmestre « Vert » de Fribourg. « La zone écologique est la plus grande connerie de tous les temps », a-t-il déclaré lors d’une réunion avec des représentants du commerce. Les commerçants craignent de perdre une partie de leur clientèle française et suisse qui risque, en effet, de bouder la métropole badoise pour s’éviter une « tracasserie administrative ».
Pour calmer les esprits, Dieter Salomon a laissé entendre qu’il ne pousserait pas la police municipale à effectuer des contrôles fréquents des pare-brise des voitures en stationnement. Le Regierungspräsidium a signalé de son côté « une période de tolérance de quatre à six semaines au moins ».
La nouvelle réglementation prévoit une amende de 40 € et le retrait d’un point pour les automobilistes allemands. Les conducteurs de voitures immatriculées à l’étranger bénéficieront, en principe, d’un traitement de faveur en cas d’infraction : un rappel à l’ordre verbal sans amende. C’est du moins l’opinion recueillie auprès du commissariat de Freiburg Süd. « Nous avons des choses plus importantes à faire que de verbaliser des automobilistes étrangers pour défaut d’éco-vignette », nous a-t-on déclaré, inofficiellement.
Adrien Dentz

Éco-vignette mode d’emploi
 
Vous pouvez vous procurer l’éco-vignette ( Feinstaub-Plakette) au prix de 5 € dans les centres de contrôle technique allemand Tüv, Dekra, Gtü et les garages allemands habilités à effectuer les contrôles d’émissions.
Elle peut être commandée par internet en joignant une copie du certificat d’immatriculation (carte grise) scannée sous forme de fichier électronique (PDF ou JPG). Dans ce cas, vous devez payer par carte de crédit 15 € (TVA et envoi par la poste inclus). www.tuev-sued.de/auto_fahrzeuge/feinstaub-plakette/bestellen/frankreich
Dekra France propose une livraison par courrier contre un chèque de 17,50 €. Voir : www.dekra-norisko.fr/vignette-ecologique
Le plus simple est de retirer une éco-vignette à l’accueil de l’ hôtel de ville de Fribourg (Rathausplatz) sur présentation de la carte grise. (www.freiburg.de/umweltzone).
L’Automobile Club d’Alsace ne délivre pas l’éco-vignette.
Validité : illimitée pour la pastille verte, jusqu’au 31 décembre 2011 pour la rouge et jusqu’au 31 décembre 2012 pour la jaune.
Elle doit être fixée à l’intérieur du pare-brise côté passager.

Le pragmatisme est allemand
Pastille verte ou bonus écologique ? Il n’y a pas de match…

 
Une chose est sûre : l’éco-vignette allemande est plus intelligente que le drôlatique bonus écologique à la française. Tout simplement parce qu’elle prend en compte l’ensemble des émissions polluantes et non le seul CO2, certes fauteur d’effet de serre et préjudiciable à la planète sur le long terme, mais parfaitement inoffensif pour l’homme, au contraire des particules fines en suspension dans l’air ambiant.
Conclusion : si, en Allemagne, on se préoccupe de l’homme, en France on préfère chouchouter la planète.

Base du dispositif : les normes Euro

Le dispositif allemand s’appuie en fait sur les normes d’émission Euro, ce qui a le mérite d’être en phase avec la politique environnementale européenne.
En gros, tous les véhicules essence mis en service à partir du 1 er janvier 1993, donc équipés d’un pot catalytique, ont droit à la pastille verte et peuvent accéder aux « éco-zones » sans contraintes ; ceux mis en service avant sont invités à rester à l’écart.
Pour les diesel, c’est plus compliqué : pas de pastille du tout pour les véhicules mis sur la route avant janvier 1997, pastille rouge pour ceux immatriculés entre janvier 1997 et décembre 2000, pastille jaune entre janvier 2001 et décembre 2005 et pastille verte pour les véhicules commercialisés à partir du 1 er janvier 2006. L’installation en seconde monte d’un filtre à particules, voire d’un pot catalytique (théoriquement envisageable mais financièrement coûteuse) permet d’être surclassé.

La revanche des 4x4

Double constat :
1 — 90 % du parc roulant peut évoluer avec plus ou moins de réserves dans les « éco-zones ».
2 — Cloués au pilori en France, les modèles essence et notamment les plus gros (4x4) ont droit de visite dans les « éco-zones ». À l’inverse, les diesel, jugés sur le niveau réel de leurs émissions polluantes, sont sous haute surveillance. Du pur bon sens, finalement.
Le pragmatisme est clairement allemand. Loin des relents « lutte des classes » à la française — toute grosse cylindrée est socialement incorrecte — la législation outre-Rhin traite le problème de la pollution automobile sur le fond.
En s’appuyant sur la normalisation Euro, elle prend en compte le progrès technologique objectif, matérialisé par la sévérisation constante des normes d’émission. Ainsi, la norme Euro 5 obligatoire en janvier 2011 permet de réduire de 80 % les émissions de particules par rapport à la norme Euro 4 en vigueur depuis 2005 ; et l’Euro 6, qui remplacera l’Euro 5 en septembre 2015, réduira encore les émissions diesel de plus de 50 % et s’attaquera aux particules les plus fines, donc les plus toxiques.
Pendant ce temps, en France, on raisonne CO2...
Jacques Prost
 

Hors ligne Oreillette

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Re : Fribourg, cité interdite aux véhicules les plus polluants.
« Réponse #1 le: 09 janvier 2010 à 13:48:48 »
"5 % du parc automobile de Fribourg n’obtiendront pas de vignette "
Quand on sait que les véhicules particuliers représentent environ 15% des émissions de CO2 produites par l'Homme (cela signifie que si demain, plus personne n'utilisait sa voiture, il resterait 85 % d'émissions de CO2 liées à l'activité huimaine) et qu'en plus il n'est pas démontré que le CO2 soit une raison du réchauffement climatique, on est rassuré : Il n'y a pas qu'en France que sous couvert d'écologie, on invente n'importe quoi pour financer les pouvoirs publics !

Hors ligne Richard.T.M

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Re : Fribourg, cité interdite aux véhicules les plus polluants.
« Réponse #2 le: 09 janvier 2010 à 23:35:59 »
Certaines stations-service délivrent ces vignettes. Par contre, la ville a déjà fait savoir que les sanctions ne sont pas près de tomber : il n'y a pas d'agent municipal disponible à ce jour pour les contrôles....

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